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BELGRADE (Reuters) - Le chef de l’État sortant, le pro-occidental Boris Tadic, a été réélu de justesse dimanche, avec 50,5% des voix, à la présidence serbe face à son rival nationaliste Tomislav Nikolic, selon l’institut de sondages indépendant Cesid.

D’autres sondages de sortie des urnes créditent Tadic de 51% des suffrages contre 49% à son adversaire.

Nikolic a reconnu très vite sa défaite.

“Tadic a gagné, je lui présente mes félicitations”, a-t-il dit dans la soirée au siège de sa formation, le Parti radical serbe (SRS). “Je voudrais appeler tout le monde à garder son calme”, a-t-il ajouté.

Il y a deux semaines, lors du premier tour, le président sortant avait obtenu 35,4% des suffrages, contre 40% à son adversaire nationaliste.

La participation a été de près de 67%, contre 61% au premier tour, soit le taux le plus élevé depuis l’élection de 2000 qui avait chassé du pouvoir Slobodan Milosevic.

Cette participation supérieure à celle du 20 janvier devait logiquement favoriser Tadic, selon les spécialistes.

LES RELATIONS AVEC L’UE

Si les deux hommes s’opposent à l’indépendance du Kosovo, la perspective de l’élection de Nikolic inquiétait davantage les Occidentaux qui craignaient que ce dernier se rapproche de la Russie et compromette l’intégration de la Serbie au sein de l’Union européenne.

Tadic semble disposé à obtenir de son peuple qu’il accepte la sécession de la province albanophone afin de ne pas hypothéquer l’avenir des relations de la Serbie avec l’UE.

Depuis la chute de Milosevic, le Parti radical du russophile Nikolic a toujours réuni au moins un tiers des voix à chacune des élections.

Il comptait capitaliser l’amertume serbe quant à la perte du Kosovo et la lente mutation du pays vers l’économie de marché, qui ne se fait pas sans difficultés.

Tout au long de sa campagne, Nikolic a défendu un rapprochement avec Moscou, la seule grande puissance qui soutient la Serbie dans sa querelle avec la majorité albanophone présente au Kosovo.

Pour Tadic, en revanche, il faut dissocier le problème du Kosovo de la perspective de l’entrée dans l’Union européenne. Tadic a accusé durant la campagne Nikolic de vouloir ramener la Serbie des années en arrière, au risque de l’isoler comme elle le fut à l’époque de Milosevic.

De l’autre côté de la frontière, les dirigeants de la communauté albanophone du Kosovo attendent le résultat de dimanche pour proclamer unilatéralement leur indépendance.

Version française Nicolas Delame et Guy Kerivel

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